Taxe de séjour au Maroc : qui la paie, combien, et comment la calculer
Loi 47-06 modifiée par la loi 07-20 : fourchettes par catégorie, rôle de la commune, cas Airbnb, taxe de promotion touristique et calcul pas à pas.
La taxe de séjour est une taxe communale due par personne et par nuitée. Le voyageur la paie en plus du prix de l'hébergement ; l'exploitant la collecte et la reverse à la commune. Elle est régie par les articles 70 à 76 de la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales, modifiée par la loi n° 07-20.
La loi ne fixe pas un montant unique : elle donne une fourchette par catégorie d'hébergement, et chaque commune choisit son tarif à l'intérieur. Les enfants de moins de 12 ans sont exonérés. Et au Maroc, Airbnb ne la collecte pas à votre place.
Reste une question que le texte ne tranche pas : un appartement entier loué par un particulier est-il concerné ? Voici ce qui est certain, ce qui ne l'est pas, et comment calculer la taxe d'un séjour.
Informations vérifiées en octobre 2026 à partir des textes officiels : loi n° 47-06 dans sa version consolidée, loi n° 07-20 (dahir n° 1-20-91, Bulletin officiel n° 7014 du 19 août 2021) et décret n° 2-79-749 sur la taxe de promotion touristique.
Ce que prévoit la loi 47-06
Depuis la loi 07-20, le chapitre s'intitule « taxe de séjour aux établissements touristiques et autres formes d'hébergement touristique ». Ses règles tiennent en six points :
- Qui la perçoit : les établissements touristiques et les autres formes d'hébergement touristique régis par la loi n° 80-14, exploités par des personnes physiques ou morales. Elle s'ajoute au prix de l'hébergement (article 70).
- Qui en est exonéré : les enfants de moins de douze ans (article 71).
- Sur quelle base : par personne et par nuitée, selon la catégorie de l'hébergement (article 72).
- À quel tarif : celui que fixe la commune, par arrêté, dans les fourchettes de l'article 73 (article 168).
- Qui collecte et reverse : l'exploitant. Il fait apparaître la taxe distinctement sur la facture et la verse chaque trimestre, avant la fin du mois qui suit le trimestre, au régisseur de recettes de la commune ou au comptable public chargé du recouvrement (article 76).
- Quelle déclaration : avant le 1er avril de chaque année, une déclaration au service d'assiette communal indiquant le nombre de clients et de nuitées de l'année écoulée (article 74).
Le texte consolidé est consultable sur le portail juridique du ministère de la Justice.
Les fourchettes légales, catégorie par catégorie
L'article 73 fixe, en dirhams par personne et par nuitée :
- maisons d'hôtes, centres ou palais de congrès et hôtels de luxe : 15 à 30 MAD ;
- hôtels 5 étoiles : 10 à 25 MAD ; 4 étoiles : 5 à 10 MAD ; 3 étoiles : 3 à 7 MAD ; 2 et 1 étoiles : 2 à 5 MAD ;
- clubs hôteliers : 10 à 25 MAD ;
- riads et maisons loués aux touristes : 10 à 25 MAD ;
- villages de vacances : 5 à 10 MAD ;
- résidences touristiques : 3 à 7 MAD ;
- établissements et autres formes d'hébergement touristique : 2 à 5 MAD.
Ce sont des bornes, pas des tarifs. Le montant à appliquer est celui de l'arrêté de votre commune. Nous ne publions volontairement aucun tarif par ville : nous n'avons pas trouvé de barème communal officiel et à jour à citer, et certaines pages municipales en ligne datent d'avant la loi 07-20, avec des catégories qui n'existent plus. Le bon interlocuteur est le service d'assiette ou le régisseur de recettes de la commune où se trouve le logement.
Qui est concerné : établissements autorisés, Airbnb et zone grise
Pour une maison d'hôtes, un riad autorisé ou un hébergement chez l'habitant, la réponse est claire : ce sont des formes régies par la loi 80-14, la taxe s'applique. Ces mêmes exploitants doivent aussi déclarer leurs voyageurs, comme l'explique notre guide de la fiche de police au Maroc.
Pour un appartement entier loué par un particulier, c'est moins net. L'article 70 vise les formes d'hébergement régies par la loi 80-14, et un appartement qui n'est pas la résidence de son propriétaire n'entre clairement dans aucune de ses catégories. La ligne « riads et maisons loués aux touristes » du barème ne suffit pas à trancher, puisque c'est l'article 70 qui définit le champ de la taxe. Nous ne pouvons donc ni affirmer que la taxe s'applique à toute location Airbnb non autorisée, ni l'exclure. Interrogez le service d'assiette de votre commune, si possible par écrit, et faites valider votre situation par un comptable ou un conseiller fiscal.
Côté plateformes, ne comptez pas sur elles. Le centre d'aide d'Airbnb liste les pays où la plateforme collecte et reverse les taxes de séjour pour les hôtes, et le Maroc n'y figure pas (article d'aide Airbnb). Pour Booking.com, nous n'avons trouvé aucune indication qu'il la reverse à votre place : vérifiez dans votre espace partenaire.
Si vous êtes redevable, annoncez la taxe au voyageur avant son arrivée, dans votre annonce ou vos messages, et remettez-lui une facture où elle apparaît séparément, comme l'exige l'article 76.
Calculer la taxe d'un séjour : un exemple chiffré
La formule ne change pas : voyageurs de 12 ans et plus × nuitées × tarif communal.
Prenons un exemple purement hypothétique. Supposons un tarif communal de 20 MAD par personne et par nuitée pour un riad, un montant choisi dans la fourchette légale de 10 à 25 MAD de sa catégorie. Une famille réserve 4 nuits : deux parents, un adolescent de 14 ans et un enfant de 8 ans.
- Voyageurs assujettis : 3, car l'enfant de 8 ans est exonéré.
- Nuitées : 4.
- Taxe du séjour : 3 × 4 × 20 = 240 MAD, facturés en plus du prix du séjour.
Sur un trimestre, vous additionnez la taxe de tous les séjours et versez ce total à la commune avant la fin du mois suivant. La déclaration annuelle du 1er avril reprend ensuite le nombre total de clients et de nuitées. Avant tout calcul réel, remplacez les 20 MAD de l'exemple par le tarif de votre commune.
La taxe de promotion touristique : une autre taxe, un autre bénéficiaire
On confond souvent la taxe de séjour avec la taxe de promotion touristique (TPT). Ce sont deux prélèvements distincts. La TPT est perçue au profit de l'Office national marocain du tourisme (ONMT), en application du décret n° 2-79-749 modifié (Bulletin officiel n° 5487 du 1er janvier 2007), elle aussi par personne et par nuitée :
- 15 MAD : hôtels de luxe ;
- 11 MAD : hôtels 5 étoiles et maisons d'hôtes de 1re catégorie ;
- 8 MAD : hôtels 4 étoiles, maisons d'hôtes de 2e catégorie et villages de vacances ;
- 5 MAD : hôtels 3 étoiles, résidences touristiques et motels ;
- 4 MAD : hôtels 2 étoiles ; 2 MAD : hôtels 1 étoile ; 1 MAD : auberges et pensions.
Ce barème, issu du texte consolidé de 2007, a été repris par la presse en avril 2026. Il vise des catégories d'établissements classés, et nous n'avons trouvé aucune source qui l'étende aux locations entre particuliers. Si vous exploitez une maison d'hôtes classée, vérifiez votre catégorie et vos obligations avec votre comptable.
Les registres à tenir, et le lien avec l'impôt sur le revenu
La taxe de séjour se calcule et se contrôle à partir de trois données par réservation : les dates, donc les nuitées ; le nombre de voyageurs ; l'âge des enfants, ou au moins qui a moins de 12 ans. Gardez aussi, séjour par séjour, le montant facturé et la facture, puis vos totaux trimestriels et annuels avec les bordereaux de versement.
Dans RentDari, chaque réservation garde ses dates, ses nuitées et son nombre de voyageurs, et le check-in en ligne recueille l'identité de chaque occupant. Les tableaux d'analyse regroupent nuitées et revenus par logement et par période, et s'exportent pour votre comptable. RentDari ne déclare ni ne reverse la taxe à votre place : il vous donne des chiffres propres pour le faire. Ces modules sont inclus dans tous les plans, y compris le plan Gratuit.
La taxe de séjour n'a rien à voir avec l'impôt sur vos revenus, qui se déclare séparément. Les revenus locatifs sont imposables au Maroc, y compris pour les non-résidents (article 23 du Code général des impôts). Lorsqu'ils relèvent des revenus fonciers, le CGI prévoit un abattement de 40 % sur le montant brut, le barème progressif et une déclaration avant le 1er mars. Mais le CGI ne dit pas explicitement si la location meublée de courte durée relève des revenus fonciers ou d'un revenu professionnel, et au moins un cabinet de conseil la classe en revenu professionnel. Faites trancher la question par un comptable avant votre première déclaration.
Pour une première estimation de ce que votre logement peut rapporter, le simulateur de revenus donne un ordre de grandeur ; votre fiscalité réelle reste à confirmer avec un professionnel.
Questions fréquentes
Airbnb collecte-t-il la taxe de séjour au Maroc ?
Non. Le Maroc ne figure pas dans la liste des pays où Airbnb collecte et reverse les taxes de séjour. Si vous êtes redevable, c'est à vous de la percevoir.
Les enfants paient-ils la taxe de séjour ?
Les enfants de moins de 12 ans en sont exonérés (article 71 de la loi 47-06). Notez leur âge à chaque réservation.
Quel est le tarif à Marrakech, Tanger ou Agadir ?
Celui que fixe l'arrêté de la commune, dans la fourchette de votre catégorie. Faute de source officielle à jour, nous ne publions pas de tarif par ville : demandez-le au service d'assiette communal. Nos pages Marrakech, Tanger et Agadir détaillent le reste de la gestion sur place.
Mon appartement loué sur Airbnb est-il concerné ?
Le texte vise les formes d'hébergement régies par la loi 80-14, et un appartement entier loué par un particulier n'y entre pas clairement. Renseignez-vous auprès de votre commune et d'un conseiller fiscal plutôt que de deviner.
Quand faut-il payer ?
Chaque trimestre, avant la fin du mois qui suit le trimestre, avec une déclaration annuelle des clients et des nuitées avant le 1er avril.
Cet article est une information générale, à jour à la date indiquée ; il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Le tarif applicable et votre situation se vérifient auprès de votre commune ou d'un professionnel.